Simplifier son offre : la leçon d’un jeune de 16 ans qui n’arrive plus à fournir

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5–7 minutes
Simplifier son offre : l'avis de rupture de stock de Jelibo, la marque de bonbons d'un jeune de 16 ans

Simplifier son offre, ça sonne comme un conseil plate. Jusqu’à ce que tu regardes ce qui se passe avec un jeune de 16 ans du Centre-du-Québec dont toute la boutique en ligne est en rupture de stock.

Tu as peut-être vu passer l’histoire au début juillet. Un ado, des bonbons, une entreprise partie dans la cuisine familiale. Ça fait sourire, et ça laisse aussi un petit pincement quand tu fabriques tes savons depuis six ans et que tu n’as jamais eu une seule rupture de stock de ta vie.

Je te propose de regarder ça autrement. Il y a cinq explications possibles derrière ce succès, et deux sont à ta portée dès cette semaine.

Jelibo, le contexte en deux minutes

Emaël Smith a 16 ans et il vient de terminer son secondaire. Il est derrière Jelibo, une marque de jujubes artisanaux dont le siège social est à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, dans le Centre-du-Québec. L’atelier de confiserie est à Saint-Cyrille-de-Wendover.

Tout a commencé dans la cuisine familiale. « J’ai inventé ça dans ma cuisine », racontait-il au FM93 en juin dernier.

Un peu plus d’un an après le lancement, l’entreprise emploie trois personnes selon L’Express, loue un local commercial et prévoit déménager dans plus grand. Toujours au FM93, Emaël Smith disait que la demande était alors quatre fois plus grosse que sa capacité de production. Radio-Canada a titré « Un entrepreneur centricois victime de son succès ».

Sur jelibo.ca en ce moment, un avis s’affiche sur la boutique : « Dû au succès de nos bonbons, nos produits sont actuellement en rupture de stock. »

Une précision honnête avant d’aller plus loin : aucune des sources que j’ai consultées n’explique ce qui a déclenché exactement la vague médiatique. Je ne l’invente pas.

Cinq explications possibles pour une rupture de stock

Son âge. Un jeune de 16 ans qui bâtit une entreprise pendant son secondaire, le monde a envie de l’encourager. Puissant comme déclencheur, court comme moteur, parce que l’attention médiatique retombe en quelques semaines.

L’ancrage local. Le Centre-du-Québec est fier de son monde, et la couverture régionale est sortie bien avant la nationale. Ça explique très bien le point de départ.

La rareté. Une rupture de stock affichée en gros et attribuée au succès, ça crée de l’urgence. La rareté amplifie une demande qui existe déjà.

Le branding. Son slogan, c’est « Pas juste un bonbon, une expérience ». Des mélanges nommés par couleur, des sacs éclatants, un ton jeune et cohérent d’une page à l’autre. Beaucoup d’entreprises de dix ans n’ont pas cette clarté-là.

La simplicité de l’offre. Cinq mélanges, un seul format, un seul prix à 5,99 $. Une cliente comprend tout sans lire une description.

Reste une évidence à nommer : le bonbon doit être bon. Personne ne repasse une deuxième commande juste pour encourager un adolescent.

Mon verdict après avoir lu le dossier au complet : les trois premières raisons expliquent pourquoi le monde arrive sur son site. Les deux dernières expliquent pourquoi le monde achète. Le goût explique pourquoi le monde revient.

Neuf fois sur dix, ton produit est bon. C’est ce qui l’entoure qui fait la différence.

Chez Jelibo, le goût est le produit. Le branding et la simplicité de l’offre sont ce qui l’entoure, et c’est là que la vente se joue.

Simplifier son offre, c’est enlever du travail à ta cliente

Quand les ventes ralentissent, le premier réflexe d’une créatrice de produits, c’est d’ajouter. Une nouvelle senteur, un nouveau format, une collection saisonnière. L’intention est excellente, le résultat va souvent dans l’autre sens.

Chaque produit que tu ajoutes ajoute une décision à prendre pour ta cliente. Passé un certain nombre, elle arrête de choisir et elle referme l’onglet.

Une créatrice de chandelles avec 22 senteurs en ligne vend fréquemment moins qu’une créatrice avec 6 senteurs bien nommées et bien photographiées. Le catalogue de Jelibo est un cas extrême, mais la direction est la bonne.

Simplifier son offre laisse toute la place à ta création. Ça veut dire choisir ce que tu mets de l’avant, garder tes nouveautés pour tes lancements et tes éditions limitées, et laisser une porte d’entrée évidente à celle qui te découvre.

Ton univers de marque fait la moitié du travail

Jelibo aurait pu vendre des « jujubes assortis ». Le jeune a choisi de nommer ses mélanges par couleur, de se donner un slogan, de tenir un ton dans tout ce qu’il publie.

Ça ne coûte pas une cenne de plus à produire, et ça donne au produit une raison d’être photographié et partagé.

Regarde tes propres fiches cette semaine. Est-ce que tes savons ont des noms qui donnent envie, ou juste une liste d’ingrédients ? Est-ce qu’une cliente qui reçoit ton colis a le goût de le montrer ?

Affiche ta rupture de stock au lieu de la cacher

Quand une créatrice manque de stock, elle a tendance à s’excuser, à retirer le produit du site en silence et à espérer que personne ne remarque. Jelibo affiche la rupture en grosses lettres, l’attribue au succès et invite les gens à suivre ses réseaux sociaux pour connaître la date de retour.

Même contrainte de production, deux résultats opposés. Une contrainte que tu nommes devient une raison de te suivre.

Si tu es en rupture cette semaine, dis-le. Donne une date approximative de retour. Propose aux gens de s’inscrire à ton infolettre pour être averties en premier. Tu viens de transformer une vente manquée en contact que tu gardes.

Les questions à te poser cette semaine

Combien de produits distincts as-tu en ligne en ce moment ? Si tu devais en garder cinq, lesquels garderais-tu ?

Est-ce qu’une cliente comprend ce que tu vends en trois secondes, sans lire une description ?

Tes produits ont-ils de vrais noms, ou juste des étiquettes descriptives ?

Qu’est-ce qui se passe quand quelqu’un arrive sur une de tes fiches épuisées ?

La partie de l’histoire que tu peux copier

Emaël Smith a 16 ans, une couverture médiatique que tu n’auras probablement jamais, et un catalogue de cinq produits porté par un univers de marque solide.

Les deux dernières affaires sont à ta portée dès cette semaine.

Si tu regardes ta boutique et que tu ne sais pas par où commencer le ménage, c’est exactement ce qu’on démêle ensemble dans un audit. Je passe à travers ton offre, tes fiches produits et ton parcours d’achat, et tu repars avec une liste claire de ce qu’on garde, ce qu’on retire et ce qu’on met de l’avant.

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Sources

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